Le test du X-Pro 3 de chez Fujifilm

Après de très nombreuses années passer à photographier avec l’appareil photo X-Pro 1 de chez Fujifilm il était temps de passer au boîtier d’après. Lorsque le X-Pro 2 était sorti, l’idée avait été de faire l’impasse sur ce boitier étant donné que le X-Pro 1 faisait vraiment l’affaire. Néanmoins avec le temps qui passait, il devenait assez important d’avoir un deuxième boitier pour tout un tas de raisons. Et surtout de bénéficier d’un capteur encore plus pointu.

Le boitier X-Pro 3 vue d'en haut
Le Test du Fujifilm X-Pro 3

Pourquoi choisir un boîtier X-Pro 3 ?

La discrétion

Le principal avantage de la gamme X-Pro et des boitiers « 1 », « 2 » ou « 3 » est de pouvoir se balader dans la rue avec un petit boitier qui fait de très bonnes photos et qui assure un rendu professionnel.

Un petit format qui évite que vous soyez immédiatement catalogué comme paparazzi.

Un boitier X-Pro donne l’impression que c’est un appareil photo classique et sans prétention aucune. Et c’est là un grand avantage car on peut en tirer beaucoup d’avantages. Comme par exemple se faire accepter plus rapidement au sein d’un groupe lors d’un reportage ou de moins impressionner les sujets que l’on photographie. 

Le faible encombrement du X-Pro 3

Le superbe X-Pro 3 avec le 35 mm eq 53 mm
Un télémétrique numérique pas comme les autres

Le X-Pro 3 est un boitier numérique télémétrique. C’est à dire que la visée se fait par un système optique déporté. L’oeilleton se trouve généralement dans le coin gauche de l’appareil. La partie droite étant consacrée aux réglages et au déclencheur.

Ce type de boitier, c’est la formule parfaite que le fameux fabriquant Leica a utilisé pendant plus d’un siècle. Et c’est encore ce boitier télémétrique qui a séduit tous les reporters et les photographes de l’époque. 

De part son faible encombrement, ce boitier peut être emporté aussi bien en randonné que dans la vie de tout les jours. Il prend très peu de place surtout lorsqu’il est couplé à une focale fixe de la gamme XF – Fujinon. On le glisse ainsi facilement dans une valise et on peut photographier avec dans des espaces très réduits. Comme par exemple dans une voiture, une petite échoppe, un compartiment de train ou le cockpit d’un avion.

La qualité des JPEG

L’un des gros avantages avec la marque Fujifilm, c’est que l’on peut travailler en format JPEG et avoir tout de suite des fichiers exploitables. C’est à dire que l’on a des images enregistrées sur une carte SD qui n’ont pas besoin de subir un retraitement. Certes la guerre des couleurs, de la profondeur de champ ou du flou fait rage sur les réseaux sociaux et les éditeurs de logiciel photo ont encore de beaux jours devant eux.

Néanmoins lorsque l’on prend beaucoup de photos, ce n’est pas rentable d’investir du temps dans le post-traitement. La retouche photo est réservée aux photographes qui vont publier une, deux ou trois photos par jour. Pour les autres ce sont de longues nuits blanches assurées.

Ce qui est fantastique avec Fujifilm, c’est que l’on peut retrouver les simulations des filtres d’antan. Velvia, Supéria ou Astia et Eterna, elles sont toutes là. Cela permet de gagner un peu de temps et de bidouiller sur place.

Les deux emplacements du X-Pro 3
Les deux emplacements des cartes SD du X-Pro 3

A noter: il est désormais possible d’embarquer deux cartes SD dans le boitier du X-Pro 3. C’est un point très positif, à noter que cette tendance se généralise pour l’ensemble des boitiers.

Le viseur optique ou numérique

Le viseur télémétrique du X-Pro 3
Le joli viseur du X-Pro 3 de chez Fujifilm

Il paraîtrait que le viseur optique du X-Pro 3 est sensationnel. Certes le petit écran installé dans l’oeilleton du X-Pro 3 est parfait, mais il était déjà très bon sur le X-Pro 1. Les fans du fabriquant japonais n’y verront donc pas un avantage décisif. Par contre ceux qui changent de constructeur risquent vraiment d’apprécier et d’être surpris.

Une chose est sûre. Avec les années il devient de plus en compliqué d’utiliser le viseur numérique. En effet cela fatigue l’oeil. Donc un système optique permet de prendre des photos sans trop être perturbé par le petit écran LCD. Ceux qui ont les yeux sensibles y verront un confort et un vrai plus.

Utiliser le viseur optique permet également d’épargner la consommation de la batterie. Mais surtout le viseur optique améliore votre prise de renseignement en vous montrant ce qui se trouve autour de votre cadre un peu à la façon de tout les télémétriques argentiques. Et pour la composition de l’image croyez nous, cela aide vraiment.

Les points (très) forts du Fujifilm X-Pro 3

1. L’ergonomie, un vrai retour aux sources de la photographie

Fujifilm la vue arrière du X-Pro 3
L’ergonomie du joli boitier X-Pro 3

La prise en main du boitier a encore été améliorée et c’est vraiment agréable. Il y a donc maintenant une aspérité un peu plus prononcée à l’avant et à l’arrière du boitier. Et ce détail est vraiment un plus et cela démontre une véritable réflexion sur ce boîtier de la part de l’équipe qui a conçu le boitier.

Néanmoins pour ceux qui sont habitués à photographier avec des reflex et avec un grip, la comparaison est impossible. Un gros boitier sera toujours plus agréable pour la prise en main. Et il sera également toujours plus confortable pour travailler en studio.

Pour ceux qui n’arrivent pas à se faire à la prise en main il est possible d’acheter une petite poignée pour une centaine d’euros supplémentaire. Mais est-ce vraiment nécessaire ? Oui si vous utilisez des objectifs lourds et encombrants.

Bref ce boitier donne vraiment envie de photographier. Le pari de la marque japonaise est plutôt réussi.

Un boitier que l’on peut personnaliser

Comme pour la plupart des boitiers récents, il est désormais possible d’assigner une fonction à chaque bouton

2. La rapidité de la mise au point 

Une chose est sûre, c’est que la mise au point est ultra-rapide et elle n’a plus rien à voir avec celle du X-Pro 1 qui était parfois lente et laborieuse. Surtout la nuit ou au bord de la mer. Avec le X-Pro 3 il devient assez confortable de viser et c’est idéal pour la photographie de rue.

3. Un boitier fabriqué au Japon

Un boitier en titane
Un boitier fabriqué au Japon

Certes le X-Pro 3 vaut plus cher qu’un XT3. Mais ces boitiers sont construits (assemblés) dans des usines différentes et dans des pays différents. Le dernier boitier de chez Fujifilm a donc été assemblé au Japon, c’est donc un sacré plus et un gage de qualité. Les différences de prix peuvent s’expliquer ainsi.

Assembler ce boitier de la gamme X-pro au Japon donc un parti pris de la part de l’équipe qui a mis au point ce boitier. Les japonais ont fait le choix d’investir de l’argent dans l’assemblage et de rémunérer des spécialistes japonais pour le faire. Cela augmente donc logiquement le prix de l’appareil.

4. Le X-Pro 3 filme en 4K

Bien que les personnes qui se tournent vers la gamme X-Pro soient des photographes convaincus, il est important d’avoir un boitier polyvalent et qui soit capable de délivrer une qualité satisfaisante en vidéo.

Un bon point pour ce nouveau boitier, c’est l’apparition du mode Eterna, qui permet de simuler un mode cinema pour vos vidéos.

C’est d’ailleurs le fait qu’il puisse enregistrer en 4K qui donne à cet appareil photo un avantage décisif. Son prédécesseur filme toujours en HD. Et lorsque l’on sait que c’est aujourd’hui le 4K qui est la norme il est compliqué d’investir du temps, des déplacements et de l’argent sur un boîtier qui ne donne pas accès à une qualité vidéo suffisante.

Attention le X-Pro 3 n’est pas stabilisé, néanmoins certains objectifs de la gamme Fujinon XF le sont. C’est le cas par exemple du 10-24 mm, du 18-80 mm et du 50-140 mm. 

Filmer avec le X-Pro 3 un exercice compliqué

Il faut reconnaître que nous avons essayé de filmer avec le X-Pro 3 et l’exercice se révèle un peu compliqué. Et nous vous expliquons pourquoi.

Pour passer en mode vidéo, rien à changé ou presque. Il faut aller dans drive, choisir le mode vidéo, puis pour les objectifs qui ne sont pas débrayables, il faut penser à mettre la petite mollette avant sur M (M comme mise au point manuelle). 

Ensuite comme le boitier n’est pas stabilisé, il peut-être intéressant de passer la dragonne autour du coup et de shooter les bras tendu et ce pour stabiliser au mieux le boitier. (Par contre il doit être très agréable de filmer avec un stabilisateur trois axes étant donné que le X-Pro 3 est assez léger et compact.)

L’idéal est de filmer en fixant l’appareil sur un petit pied portatif, c’est ce qu’il y a de moins cher et de plus efficace.

5. Un boitier résistant conçu pour durer

Le X-Pro 3 en Titanium est disponible en série classique avec un boitier en titane. Mais pour ceux qui recherchent encore plus de résistance, Fujifilm propose une finition supérieur pour deux cents euros de plus. La finition « duratec » est une option proposée aux potentiels acquéreur d’un Xpro-3. La promesse est de gagner en résistance à la rayure. Les modèles les plus résistants ont été baptisés Xpro-3 Duratec black ou Xpro-3 Duratec silver. C’est aussi une ficelle du marketing pour vous vendre un produit encore un peu plus cher. 

Nous avons fait le choix du boitier standard en Titanium noir. Car les objets électroniques n’ont jamais pour vocation de durer éternellement. D’autre part c’est la finition la plus discrète et les 200 euros économisés serviront à acheter le X-Pro 4…

Les critiques injustifiées sur le boitier Fujifilm X-Pro 3

En visionnant des heures de vidéos sur Youtube en anglais, nous nous sommes aperçus qu’il y avait toujours les mêmes critiques qui revenaient. Le problème du trépied, le problème de l’écran alors que le véritable problème du X-Pro 3 c’est plutôt son prix. En effet pour 1900 euros contre 1200 euros pour les deux précédents X-Pro, Fujifilm a fait fort. Néanmoins c’est un boitier de niche sans véritable concurrent donc il est plus facile pour l’entreprise japonaise de fixer un prix élevé.

1. La légende du trépied qui empêche de se servir de l’écran arrière ?

Il serait impossible d’utiliser le boitier X-Pro 3 sur un trépied. C’est allégation est discutable. Certes c’est une remarque judicieuse qui permet de démontrer à son audience que l’on a tout analysé. Néanmoins il existe des trépieds que l’on peut utiliser avec ce boitier. Il s’agit notamment des derniers modèles que l’on peut trouver sur le marché.

Pour Fujifilm ce n’est même pas un débat puisqu’ils ont ouvertement orienté ce boitier pour une visée à l’oeil pour du reportage ou de la street photographie.

2. Impossible de viser en levant les bras ?

De nombreux spécialistes ont mentionné que l’écran du X-Pro 3 empêchait une utilisation de l’appareil lorsque l’on souhaite viser au dessus d’une barrière où au-dessus de la foule. C’est vrai. Mais lors du test du Fujifilm X-Pro 3, pour contourner ce « problème » on s’est rendu compte qu’il suffisait de prendre l’appareil photo à l’envers. Certes on peut trouver cela problématique, mais c’est déjà une solution. Il faut rappeler également que tout l’intérêt de l’écran c’est qu’il permet une visée à l’ancienne de type Rolleiflex. 

3. L’écran arrière ne pivote pas à 180 degrés

un écran réversible pour le nouvel X-Pro
Le fameux écran du Fujifilm X-Pro 3

C’est faux, car en installant une petite glace… Trêve de plaisanterie, le X-Pro 3 n’est pas fait pour parler tout seul face caméra. Pour cela vous avez votre smartphone et la qualité devrait être suffisante pour Youtube. D’autre part si l’écran pouvait pivoter à 180 degrés, il serait impossible de viser à la ceinture. Encore une fois, un écran déporté poserait d’autres problèmes.

L’écran n’est pas un problème, le constructeur allemand dont le logo est une pastille rouge à quant à lui tout bonnement supprimé l’écran arrière. Cela concerne évidemment la sortie du boitier M10 de chez Leica. Finalement on trouvera toujours des gens pour polémiquer ou pour critiquer juste pour faire des vues sur Youtube.

L’avantage de cet écran, c’est surtout qu’il est protégé et qu’il demeure invisible. Durant le test du X-Pro 3 nous nous sommes rendus compte que c’était un véritable avantage d’avoir un écran replié et protégé. Cela lui épargne donc d’éventuels chocs, mais surtout étant donné que c’est un écran tactile, il n’est pas activé par le visage ou le nez lors de la visée. Il y a donc beaucoup d’avantage à ne pas avoir un écran apparent. Comme la possibilité de passer plus de temps à regarder ce qui se passe autour de soi.

Les points faibles rencontrés lors du test du Fujifilm X-Pro 3

1. La recharge des batteries

La nouvelle batterie du nouveau boitier de chez fujifilm
Une nouvelle version de batterie pour le X-PRO 3

Concernant ce nouveau boitier, il n’existe plus de chargeur de batterie. Et si vous en voulez vraiment un il va falloir mettre la main à la poche. C’est dommage mais c’est ainsi. Laisser l’appareil sous tension pour charger la batterie via le port USB d’un ordinateur c’est un peu bizarre.

Le temps de charge complet est de cinq heures et il n’est pas mentionné dans le livret du propriétaire s’il est possible de recharger la batterie sur l’allume cigare de la voiture ou via un chargeur de batterie externe. A terme il faudra forcement s’équiper d’un chargeur à brancher sur secteur.

Attention dès que vous faîtes un peu de vidéo la batterie se décharge à toute allure.

A l’heure actuelle on ne sait pas si l’on peut utiliser le chargeur du X-PRO 1 ou du XH-1. à suivre.

2. Le prix du boitier

Il est clair que le prix du X-Pro 3 peut en refroidir plus d’un. C’est d’ailleurs ce prix qui est la raison d’un achat tardif en ce qui nous concerne. Oui vous avez bien lu nous avons payé plein pot ce boitier. Et nous ne sommes pas payés, ni rétribués par la marque. (Par contre nous n’excluons pas de glisser un de ces jours – en toute transparence – un lien vers un site de vente en ligne).

Comme nous l’avons mentionné un peu plus haut, le boitier est une belle alternative au système élitiste de chez Leica. Pour information l’achat de notre X-Pro 1 + 14 mm a été motivé par le prix de la focale fixe 24 mm de chez Leica. Dans un cas nous avions juste un objectif. Et pour le même prix, Fujifilm proposait un boitier et un objectif équivalent à une focale de 21 mm.

 

3. La simulation Velvia

Sur le X-Pro 1 la simulation de la pellicule Velvia était juste parfaite, par contre lors du test du Fujifilm X-Pro 3 elle s’est révélée être légèrement plus saturée. Résultat il vaut mieux se tourner vers les autres simulations  de films telle que : « Astia ». En cas de temps vraiment gris, la simulation Velvia viendra pour dynamiser les couleurs de votre image.

Pour dynamiser votre image vous pouvez également passer par le nouveau réglage disponible : le couleur chrome FX bleu. C’est un réglage qui permet de dynamiser les bleus directement depuis votre boitier. C’est une alternative intéressante à la simulation Velvia.

Attention si vous prenez vos photos en RAW, vous devrez appliquer la simulation de film en post-traitement. Puisque par définition le format RAW est un format brut.

 

Diverses remarques à propos du Test du boitier X-Pro 3 de chez Fujifilm

Pour tirer toute la quintessence de ce boitier il vaut mieux utiliser des objectifs Fujinon avec le sigle XF. Beaucoup chantent les louanges de sous-marques, mais celle-ci n’ont jamais d’autofocus. Il est donc logique qu’il soient donc moins chers. Les prix indiqués sont souvent mentionnés sans les droits de douane. Pour éviter toutes sortes de taxe, 

1. Quels objectifs privilégier ?

Le joli 35 mm 2 equivalent à un 50 mm
Quels objectifs choisir pour le X-Pro 3 ?

Il existe des focales fixes 35 mm (eq. 23 mm) et 23 mm (eq. 35 mm) qui sont disponibles en 1,4 ou en 2. Il vaut mieux privilégier les objectifs qui ouvrent à 2. Car il sont moins encombrants et plus légers. Ils ont également un meilleur piqué et surtout la mise au point est plus rapide. Et en plus pour les objectifs ouvrant à 2, ils sont moins chers.

En ce qui concerne les objectifs pancakes de chez Fuji. Il faut encore attendre un peu. Certes les 18 mm et le 27mm sont très séduisants néanmoins ils ont tendance à pomper beaucoup pendant la mise au point et ils ne sont pas monoblocs. C’est à dire que l’objectif sort du fût lors de la mise au point. 

2. La sangle Fujifilm

En ce qui concerne la sangle, rien à redire, elle est noire et discrète. De plus Fujifilm a eu le bon goût de ne pas inscrire le nom de la marque en blanc sur cette jolie sangle. Résultat on peut l’utiliser sans se faire repérer de trop loin. Par contre nous vous déconseillons d’utiliser les petits anneaux métalliques car ceux-ci abîment à la longue les petites oeillères métalliques de l’appareil photo. 

3. La créativité au bout des doigts

Ce qui est vraiment bluffant avec ce tout petit appareil photo, c’est qu’il est possible de faire des réglages qui autrefois étaient réservés aux logiciels de photos.

On peut par exemple changer la taille du grain, c’est à dire de passer à un grain fin à un grain plus gros sans forcément passer par la molette des ISO. (Pour rappel, plus on augmente le nombre d’ISO et plus le grain devient gros. Cela était surtout valable en argentique).

Pour les fans de surimpressions, il est désormais possible de prendre jusqu’à neuf photos différentes et de gérer leur assemblage. Le boitier X-Pro 3 propose des modes de fusion différents. Et ce afin d’améliorer le rendu.

crédits photos : Yann