Connaissez-vous Wu Zetian ? la seule femme impératrice de Chine

Wu Zetian est la seule femme de l’histoire de la Chine à avoir été impératrice. Une femme qui incarne à elle seule le proverbe qui veut que « le pouvoir ne se donne pas, il se prend ». À la faveur d’un mari empereur malade et vieillissant, c’est déjà elle qui règne naturellement sur la vie du Palais. Elle fait répudier par l’Empereur ses deux premières femmes et elle devient la seule et unique conjointe de l’Empereur. Retour sur la vie mouvementée et trépidante de Wu Zetian la seule femme impératrice de Chine.

Une femme influente

L’histoire de la seule et unique femme chinoise impératrice commence à Xi’an. Lorsqu’elle vient au monde elle aura la chance de naître dans un milieu privilégié mais aussi à un moment de l’histoire favorable pour les femmes. En effet, la dynastie des Tang fût une période relativement favorable aux femmes. Celles-ci participaient largement à la vie de la cité, elles avaient également un accès à la culture et à l’éducation. Celle qui s’appelle encore Zhao Wu naît le 17 février 624 dans une riche famille de la capitale.

Très vite elle se fait remarquer de part sa beauté et son élégance naturelle et intègre le harem de l’empereur Tang Taizong. Elle portera désormais le prénom de Mei et deviendra une concubine. Mais l’empereur est âgé et meurt en 649 des suites d’une longue maladie. Les concubines de l’empereur défunt sont toutes envoyées dans un monastère. Mei y restera trois années jusqu’à ses 28 ans et la rencontre avec Gaozong, le jeune empereur. C’est ainsi qu’elle deviendra la cinquième femme du Palais. On lui donna alors le nom de Wu Zetian. Wu étant son nom de famille et Zetian désignant « volonté divine ».

Elle tombe enceinte assez rapidement et accouche d’une fille. Malheureusement ce tout jeune bébé est retrouvé mort, Wu Zetian l’aurait elle-même étouffée de ses mains. Quant aux responsabilités du décès de ce jeune enfant, elle se défaussera en laissant planer un doute sur les autres concubines de l’Empereur. Celles-ci n’hésiteront pas à rejeter la faute sur l’impératrice. C’est ainsi que Gaozong répudia sa première épouse et que Wu Zetian devint la première femme de l’empereur. A la suite de ce coup politique magistral Wu Zetian appris que l’empereur Gaozong continuait de voir son ancienne épouse en secret. N’écoutant que sa colère elle fit couper les pieds et les mains de sa rivale. Petit à petit, elle prend de l’importance n’hésitant plus à faire exécuter tous ceux qui s’opposent à sa volonté.

Et Wu Zetian devint la première femme impératrice de Chine

Avec le temps son mari et souverain Gaozong voit son état de santé se dégrader rapidement. Il décéda assez mystérieusement et sans témoin le 27 décembre 683. Après sa mort, le pouvoir aurait dû être confié aux fils de Gaozong. Il a d’ailleurs eut quatre garçons avec Wu Zetian. Le premier fût empoisonné et le second exécuté. Les historiens chinois octroient sans hésitations ces décès à leur mère Wu Zetian. Une façon pour elle de pratiquer le pouvoir en tant que régente ou de rester au pouvoir grâce à l’inter-règne. La régence et l’inter-règne était le seul moment ou le régime acceptait qu’une femme soit souveraine.

A partir de 688 Wu Zetian pense de plus en plus sérieusement à accéder une bonne fois pour toute au pouvoir. Elle commence par faire inscrire sa famille parmi « la haute noblesse chinoise ». Et entre autre fait créer une stèle avec un message divin inscrit dessus. On finira par découvrir cette pierre gravée dans un fleuve « avènement d’une sainte mère qui reprendra avec éclat la fonction impériale ».

En 690, elle rétrograde le nouvel empereur Ruizong au statut de prince à l’occasion de la fête dîte du double 9. Et elle s’autoproclame Impératrice de la dynastie Zhou.

Au cours de son règne elle fut à la fois bouddhiste puis taoïste.

En 704 elle tombe gravement malade et elle ne peut plus gérer les fonctions qui lui incombent ni même échanger avec ses propres ministres. Elle finira par abdiquer sous la pression du régime. Et en février 705, elle rend l’empire du milieu à ses fils qui rétablissent ainsi la dynastie Tang.

Elle décèdera à 81 ans, le 16 décembre 705 à Luoyang dans la province du Henan (l’une des capitales historiques de la Chine).