Le drapeau sarde et le drapeau corse sont deux drapeaux assez uniques en leur genre. Tous deux représentent des têtes de Maures sur fond blanc.

Les origines du drapeau sarde

Le drapeau de la Sardaigne flottant sur Canigionne

La signification du drapeau sarde

Comme souvent, il existe plusieurs versions pour expliquer la signification du drapeau sarde. D’où viennent donc les quatre têtes de Maures sur ce drapeau ?

Première explication possible

En 1096, le roi Pierre 1er remporte une victoire à Alcoraz contre les maures. Cette victoire aurait été rendue possible grâce à l’intervention décisive d’un chevalier. Lors de la victoire, ce chevalier vêtu de blanc avec une croix rouge sur le torse, à la manière des templiers aurait prononcé le noms de quatre valeureux combattants décédés lors de cet assaut. En mémoire de la bravoures de ces hommes là, fut crée le drapeau sarde.

La description de ce chevalier n’est pas sans rappeler le code vestimentaire des templiers.

Deuxième hypothèse possible, la version ibérique

Pendant près de 155 ans, le Royaume d’Espagne a régné sur la Sardaigne. Le drapeau sarde aurait donc pour origine les quatre victoires militaires remportées par l’armée espagnole contre les Maures.

Pour les quatre victoires de Saragosse, de Murcie, de Valence et des îles Baléares, un drapeau fut crée avec quatre têtes de maures et une croix rouge au milieu.

Cette deuxième hypothèse, serait l’explication la plus cruelle. Il s’agirait donc d’un drapeau représentant les têtes des vaincus décapitées après la victoire.

Le drapeau sarde

L’ancienne version du drapeau sarde

Néanmoins, le bandeau sur la tête de Maures laisse plutôt penser à une exécution qui eut lieu sous l’empire romain. La tête du drapeau sarde pourrait être d’un martyr chrétien. Saint-Maurice était issu d’une tribu nubienne, il fut exécuté en Suisse suite à une rebellion envers l’autorité de Rome. C’est ainsi qu’il entra dans l’histoire. La tête et les yeux bandés symboliseraient ainsi l’indépendance et l’insoumission.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si sur certaines versions du drapeau un homme regarde vers la gauche. Cette représentation n’est pas innocente. Elle évoque ouvertement la défiance ouverte envers le pouvoir romain. Car en regardant vers l’Ouest, le maure tourne le dos à Rome. Les yeux bandés quant à eux rappellent le martyr d’un homme qui a préféré mourir plutôt que vivre sous le joug des romains.

La version historique des régions des quatre régions sardes

Il est toujours tentant le vouloir donner à un drapeau des accents de bravoure et de victoire. Néanmoins, les origines du drapeau sarde remonteraient peut-être aux origines de l’île. En effet vers le XI ème siècle la Sardaigne est divisée en 4 régions administratives indépendantes les unes des autres. L’Arborée, la Gallura, le Logudoro et Callaris sont donc quatre régions sardes qui dépendent des républiques de Gênes et de Pise.

En l’honneur de ces quatre princes sardes un drapeau fut crée.

La nouvelle version du drapeau Sarde éditée en 1999

Le drapeau sarde adopté en 1999

Quelle est la signification du drapeau sarde ? (nouveau drapeau 1999)

C’est 1999 que fut créée une nouvelle version du drapeau sarde. La force des traditions étant si fortes dans cette partie du monde, qu’il était impensable d’opter pour une version radicalement différente.

Pour cette version on retint un homme au crâne rasé, qui regarde sur la droite avec un bandeau sur le front. Le fond blanc et la croix de Saint-Georges restèrent quant à eux inchangés.

En faisant tourner la tête du sarde vers la droite, les autorités ont donc voulu jouer sur les symboles. Dans la tradition chrétienne, le côté droit incarne le bien. En l’occurence, les quatre têtes tournées vers la droite symbolise la paix. Le bandeau blanc sur le front et les yeux ouverts du sarde représente la liberté voir une certaine forme d’indépendance du peuple sarde.

D’ailleurs lorsque l’on pose le drapeau sur une carte géographique les quatre têtes regardent vers Rome. Ce qui incarne l’acceptation du pouvoir législatif et la paix politique envers l’Italie.

crédits photos: Yann