Les habitants de la rue Crémieux n’en peuvent plus, leur rue est prise d’assaut par des photographes et des « instagrameurs », ils en appellent à la Mairie. L’information a été relayée par France Info, tant de douleur ne pouvait plus continuer à passer sous silence.

Note de la rédaction : Attention ceci est un article humoristique et sarcastique. Si vous n’avez pas le sens de l’humour vous pouvez arrêter votre lecture ici.

Lecture à vos risques et péril. 

« Que celui qui n’a jamais posté de photos sur les réseaux sociaux me lance la première pierre. »

Les habitants de la Rue Crémieux sont en colère

La rue Crémieux en début de soirée

Les réseaux sociaux, les habitants n’en peuvent plus (et nous aussi)

Il existe à Paris une rue publique et piétonne. Oui et en plus cette rue est assez insolite. Une petite rue pavée bordée de petites maisons colorées. C’est s’en doute pour cela que cette voie est considérée comme étant l’une des plus belle rues de Paris. Mais voilà, c’était trop beau et c’était sans compter que l’homme est un éternel insatisfait. Depuis que le bruit des moteurs avait cessé dans la rue c’était désormais le bruit des talons des influenceuses de mode qui devenait alors insupportable. Il fallait agir. Alors on a commencé à installer des panneaux pour interdire les tournages dans la rue.

(Pour information les tournages sont interdits dans toute les rues de Paris. Il faut généralement demander une autorisation à la Mairie. Mais rue Crémieux on a quand même mis un panneau)

Vers une privatisation des rues piétonnes de Paris?

L’idée est alors simplisme, puisque les habitants sont excédés par les comportements de leurs congénères, il faut fermer la rue. Apparement, les habitants ne supportent plus que des jeunes viennent se faire prendre en photo. Mais que devrait donc dire les riverains de la rue Lappe à Bastille haut lieu de la fête et des soirées arrosées jusqu’à 1 heure du matin.

Que devrait dire les habitants du Marais, eux dont les rues sont littéralement envahies par des hordes de touristes et par des gens vivant en banlieue parisienne. Tous venus faire quelques achats où juste pour prendre un café. 

La mairie du 12 ème va-t-elle s’emparer du sujet ?

Dans tous les cas, la rue Crémieux est une voie publique. Si les photographes du dimanche dérangent les habitants, rétablissons donc la circulation sur la voie carrossable de la rue Crémieux. Cela permettra entre autre de désengorger la rue de Lyon. Car avant de s’occuper des piétons photographes de la rue Crémieux, il faudrait peut-être s’occuper avant tout de la pollution. Ou encore gérer le flux énorme de voitures qui en circulant dérange les habitants de la rue de Lyon. Ça se passe à l’angle de la rue Crémieux et c’est autrement plus bruyant et c’est beaucoup plus gênant pour les riverains que le déclic d’un appareil photo dans une jolie rue parisienne.

Une pause s’impose. C’était la polémique du jour.

L’ironie du sort c’est que Paris est la ville est l’une des villes les plus visitées du monde. Il sera donc difficile pour la Mairie de justifier une fermeture pour cause de poses intempestives.

La guerre des chiffres 

L’un des arguments de l’un des habitants de la rue, est de dire, le mot clef « Rue Crémieux » est abondamment cité sur les réseaux sociaux.

Et que dire des instagrameurs qui parcourent les rues de Montmartre? le mot dièse #montmartre pointe à 1,4 million.  Imaginez donc le flot de touristes qui défile à longueur  de journée dans ce petit quartier du nord de Paris.

Un #ruecremieux qui monte péniblement à 31 000 mentions, pour information le mot clef #ruedesmartyrs c’est à 13 400. 

L’un des habitants s’offusque, il y aurait jusqu’à 200 personnes par jour. Rien d’étonnant, Paris serait aux dernières nouvelles la ville la plus peuplée de France.

Mais après tout est-ce que ces visiteurs sont aussi terribles que cela? Ils ou elles prennent la pose, ils se baladent avec des appareils photos et des téléphones portables derniers cris. Ils se sont mis sur leur 31 pour aller faire des photos dans une rue qu’ils adorent. Nous ne voyons vraiment pas ce que gens « sapés comme jamais » pourraient faire de mal Rue Crémieux. Des dégradations? des tags? 

Pour réagir à ce fléaux, certains habitants excédés par tant de bonne humeur permanente ont créé un compte Instagram où ils prennent en photos et où ils filment ces intrus qui ne sont pas les « happyfew » du quartier.

La Rue Crémieux un lundi soir

La rue Crémieux le 4 mars 2019 à 22 heures, Paris

Quel est l’avenir pour l’avenir de la Rue Crémieux ?

Suite aux déclarations des habitants aux journalistes de France Info, nous nous sommes rendus sur place pour voir et constater les nuisances. Hormis des scooters et quelques motos garées sur les trottoirs et la présence d’une voiture, la situation paraissait assez calme (des deux côtés de la rue des poteaux bloquent l’accès aux véhicules). Apparemment la seule chose qui semble ne pas déranger les habitants de cette rue piétonne, c’est (peut-être) le stationnement de véhicules motorisés dans une rue interdite aux voitures, motos et aux scooters. Après tout nous avons tous nos contradictions.

Vers un bouclage en douceur

Et puis au détour d’une phrase un habitant commence à proposer un début de solution. Tout pourrait s’arranger si l’on mettait en place une fermeture partielle de cette rue publique. La Rue Crémieux pourrait donc glisser vers une lente privatisation. Selon un principe bien connu que le Général de Gaulle énonçait il y a plusieurs décennies déjà :  » Les français sont très attachés aux valeurs de la Révolution Française, mais ils sont encore plus attachés à leurs privilèges ». Et justement c’est un privilège que les habitants de la Rue Crémieux souhaiteraient soutirer à la mairie de Paris.

Imaginez la situation ubuesque dans laquelle s’engagerait la mairie de Paris. On fermerait donc, la Rue Crémieux, l’une des plus jolies rues de Paris au public. Et en suivant cette logique, les riverains du Champs de Mars pourraient tout à fait légitimement demander eux aussi une fermeture partielle (évidement) des espaces verts. Imaginez un instant le préjudice subit par les riverains qui voient sous leurs fenêtres depuis des décennies déjà, des apéros entre amis, des sessions de photographies et des parties de pétanques.

Les habitants veulent fermer la rue le soir? Quelle est la logique, puisque les gens viennent généralement pendant la journée pour faire des photos de la rue la plus colorée de Paris. La nuit c’est bien connu, c’est pas le meilleur moment pour faire des photos en couleur.

Des solutions nous en avons pour la Rue Crémieux

Pour limiter les attroupements en plein milieu de cette rue piétonne la Mairie de Paris pourrait tout à faire rétablir la circulation des voitures. 

Autre solution, l’architecte des Monuments de France pourrait proposer de repeindre en beige ou en gris toutes les façades des maisons de la rue. Et ce afin de rester dans le style de la capitale.

Des solutions de relogement pourrait peut-être proposées aux habitants par les services sociaux de la mairie de Paris en proche banlieue par exemple. 

Et pourquoi ne pas dynamiser la rue en créant des bars éphémères et organiser une extension Paris Plage dans la Rue Crémieux?

Une situation inquiétante, pour le domaine public

La Rue Crémieux sous les nuages

La fameuse rue Crémieux bien connue sur les réseaux sociaux

Il faut bien se rendre compte qu’à partir du moment ou des grilles seraient installées, la rue Crémieux cesserait d’être un lieu public. La notion de « soir » pourrait débuter à 17h45 en été et 16h45 en hiver. La fermeture des weekends deviendrait également une fermeture pendant  les jours fériés et les vacances scolaires. Sans parler évidement du système de fermeture ou de la minuterie qui avec le temps deviendra obsolète pour devenir un lieu fermé 24h/24. Dans tous les cas les habitants le savent, une fermeture même partielle de la rue permettrait une formidable valorisation de l’immobilier de la Rue Crémieux. Cette voie publique passerait alors dans la catégorie des voies fermées et l’argument sécuritaire serait une très belle opportunité pour vendre les appartements de la rue à un meilleur prix. La pression n’est donc pas prête de retomber.

 

La question juridique et le cas de la rue Crémieux

vous avez 4 heures

La vraie question: Peut-on interdire au gens d’utiliser l’application Instagram à Paris ? 

Liberté de circuler : Est-ce que les réseaux sociaux créent un trouble à l’ordre public? 

Droit à l’image : Prendre une une photo est-il un acte délibérément violent? A-t-on le droit de prendre en photo les maisons colorées de la rue Crémieux?

Psychologie : Est-on vraiment sûr que les photos sont publiées sur Instagram?

Immobilier : La présence d’instagrameurs fait-il baisser le prix des logements? 

 

Paris n’est plus une fête

La Rue Crémieux en été

La rue Crémieux dans l’après midi du 23 juillet 2017

Humour, Paris la capitale de la fête

En France nous avons Blanche Gardin, une humoriste qui a tout compris depuis longtemps. Dans l’un de ses spectacles elle tâcle la célèbre formule d’Hemingway, reprise depuis par la mairie: « Paris est une fête ». 

« A deux heures du matin tous les bars sont fermés, les habitants mettent de banderoles aux fenêtres: Halte au bruit nous aimons nos nuits. »

Et de terminer par un cinglant « Paris est un dortoir pour bobos insomniaques qui pissent trop de thé vert la nuit ».

 Coup de gueule imaginaire dans le style article du Gorafi

   ——- début du témoignage fictif

« Nous ne vivons plus. Des gens marchent dans la rue piétonne, ils prennent des photos parce que c’est joli, trop c’est trop. Il y a quelques années en venant s’installer rue Crémieux nous pensions pouvoir bénéficier d’un cadre de vie apaisé. Il faut dire qu’avant nous vivions boulevard Beaumarchais. En déménageant et en quittant le quartier de Bastille et le 11 ème arrondissement de Paris nous pensions laisser derrière nous le stress de la ville. Après tout la rue Crémieux c’est la campagne à Paris. Sauf comme on aime pas trop la campagne, on avait trouvé ce compromis dans le 12 ème arrondissement ».

A l’époque les prix de l’immobilier étaient raisonnables on avait payé 10 000 euros le mètre carré. C’était donné. Aujourd’hui c’est hors de prix, il faut dire qu’à 12 000 euros le mètre carré on aurait jamais pu ce payer cet appartement. Et puis la Mairie de Paris devrait faire de la prévention dès l’aéroport pour les touristes étrangers et aussi dans les transports en commun pour les gens qui vivent en banlieue parisienne. « Soyez les bienvenues à Paris mais évitez tout de même de faire des photos », « achetez des cartes postales pour le bien de tous ». « Préservez le cadre de vie des parisiennes et des parisiens ». « Attention les parisiens sont des êtes soucieux, craintifs et leur santé est fragile ». « Evitez de vous approcher de trop près des façades d’immeubles. » Le tout pourrait-être financé par l’état ou une taxe d’entrée et toutes les rues pourraient devenir à terme des voies privées. »

fin du témoignage imaginaire ——

Venise, Prague, bienvenue dans le monde du tourisme et du City trip

C’est malheureusement ce qui arrive avec le tourisme. Et n’est pas joli à voir. La grande fréquentation des lieux rend parfois la situation ingérable. Un peu comme à Venise où le nombre d’habitants à brutalement chuté de 120 000 à moins de 60 000 aujourd’hui. Les logements sont réquisitionnés pour des locations via des plateformes de réservation en ligne. Suivez mon regard. 

Toujours durant un témoignage d’un habitant de la rue faisait état de cris pendant près d’une heure dans le Rue Crémieux pour cause d’enterrement de vie de jeune fille… A cela nous répondrons que dur les Ramblas à Barcelone ce cirque dure toute la journée d’avril à octobre, sept jours sur sept. Prague quant à elle est devenus la capitale des enterrements de vie de garçons pour l’Europe entière. Un seul mot patience et tolérance. Après tout des gens qui déambulent dans une rue ce n’est pas si terrible que ça. 

 

« La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer »

Sylvain tesson

crédits photos : Yann